L’importance prise par le DPE s’accompagne de la diffusion d’informations fausses sur le métier de diagnostiqueur. Nous avons notamment repéré 7 erreurs, répétées dans la presse et les reportages télévisés. Il faut démonter ces idées reçues, car indépendamment de l’attaque injustifiée envers toute une profession, elles désinforment le consommateur.
1. Le DPE est un contrôle technique du bâtiment
Le dossier de diagnostic technique (DDT) s’apparente à un contrôle technique du bâtiment ou de la partie du bâtiment avant sa location ou sa vente. Le diagnostic de performance énergétique (DPE) n’est qu’un élément du DDT. Le DPE évalue le niveau de performance énergétique d’un bien, pour permettre au propriétaire de le comparer à celui d’autres biens immobiliers. Il l’incite aussi à rénover le logement.
2. Un diagnostiqueur, ça réalise des DPE
Le diagnostiqueur réalise tous les diagnostics et contrôles du bâtiment pour lesquels il est formé et certifié (DPE, amiante, plomb, gaz, électricité, termites, audit énergétique…). Les autres diagnostics obligatoires sont essentiels pour l’information, la sécurité et la santé des occupants. Trop de DDT sont survolés, alors qu’ils protègent toutes les parties prenantes.
Par ailleurs, les diagnostiqueurs ne se contentent pas forcément de réaliser des diagnostics obligatoires avant location ou vente d’un bien immobilier. Ils peuvent proposer des missions de repérages avant travaux ou démolition par exemple.
3. il y a 70 % de fraudes au dpe selon la DGCCRF
La DGCCRF (Direction générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des fraudes) ne traque pas les DPE de complaisance. Elle contrôle le respect des obligations professionnelles des diagnostiqueurs immobiliers (certification, transmission d’un ordre de mission, affichage des tarifs, etc.) pour tous les diagnostics techniques.
D’ailleurs, par le passé, nous avons détaillé la différence entre contrôle DGCCRF et qualité de la prestation. En outre, ce taux d’anomalies provient de contrôles réalisés en 2023. Il n’y a aucune info publique concernant les anomalies relevées en 2024 ou en 2025. Enfin, la DGCCRF n’a jamais publié d’enquête sur les fraudes aux DPE.
4. Les diagnostiqueurs ne sont pas contrôlés
Les diagnostiqueurs sont contrôlés tous les ans. En outre, depuis juillet dernier, un outil d’analyse statistique détecte, avec l’aide de l’IA, les anomalies dans la base de données de l’ADEME. L’an dernier, l’objectif du ministère était d’évaluer 10 000 diagnostiqueurs d’ici décembre 2025 avec un suivi continu par la suite.
À titre de comparaison, il n’y avait que 3 000 contrôles effectués par les organismes certificateurs (OC) en 2023, contre 8 000 en 2024 et 10 000 en 2025. On peut s’interroger sur l’efficacité de ces contrôles. Actuellement, ils sont lourds et coûteux pour les sociétés de diagnostics, sans pour autant restaurer la confiance du public dans le DPE. En revanche, personne ne peut prétendre que la profession n’est pas contrôlée.
5. Les DPE de complaisance se multiplient
On soupçonne l’existence de DPE de complaisance lorsqu’il y a des pics de logements classés juste au-dessus des seuils, en D à la limite du E, par exemple. Les propriétaires s’arrangeraient alors avec le diagnostiqueur pour améliorer le classement énergétique.
Cependant, personne ne connaît avec certitude le taux de DPE arrangés. On ne peut que l’estimer (1,7 % d’après le Conseil d’Analyse Économique)*. En effet, il faut tenir compte des erreurs humaines, des DPE corrigés après travaux ou transmission d’un document manquant, des modifications du moteur de calcul… Et puis, il y a des biens immobiliers qui se situent réellement à la limite des seuils de l’étiquette.
6. Les diagnostiqueurs choisissent la note
Les diagnostiqueurs ne décident pas de la note du DPE. Ils consultent les justificatifs et informations fournis par le propriétaire, visitent le bien, prennent des mesures, observent les équipements, indiquent les caractéristiques de l’enveloppe, etc. à partir de la méthode 3CL réglementaire. Toutes ces données, entrées dans un logiciel certifié, débouchent sur l’attribution d’une classe énergétique. C’est d’abord et avant tout une profession réglementée.
* Nous citons uniquement l’étude du CAE, car le CAE réalise, en toute indépendance, des analyses économiques pour le gouvernement. Il n’est pas partenaire d’entreprises de travaux. Il n’aide pas les propriétaire à installer des pompes à chaleur non plus. Le taux de fraudes au DPE n’a aucune conséquence sur les finances du CAE.
Source Quotidiag.fr